Bon alors, si notre échange public ne dérange outre mesure, Laetitia, je poursuis mon investigation qui me fait rencontrer, émanant de votre part une réelle professionnalité ou si je suis mauvaise juge pour d'autres, au moins un intérêt sincère pour cette passion que vous défendez tout en m'en présentant les aspects pointus. Et je remercie en passant Camilla d'avoir aussi répondu, bien sûr.
Je vous cite
Pour ce qui est de ma facilite a me départir de mes sensations personnelles, ceci est du a un travail quotidien pour arriver a couper " le mental" et être en mesure d être dans " l ici et le maintenant" avec le consultant, sans conditionnements ou référents sociaux, se reconnecter a son " moi " profond.
Lorsque vous parlez de mental, je suppose bien que vous parlez de l'intellect, cet outil mental différent du mental cellullaire ou du mental vital propre à chaque organe par exemple. Vous faites donc taire le mental intellectuel pour être dans l'"ici et maintenant". Si je comprends bien votre ici et maintenant est l'orientation toute particulière de la situation d'échange avec le consultant. Ici et maintenant, vous êtes toute présente, comme je le souhaite pour votre consultante.
Il y a cependant un hic: les données les plus pointues en ce qui concerne la conscience de soi indiquent que le "ici et maintenant"
n'existe pas pour la personnalité du Je.
Notre pensée résultant du flash conscient et qui nous affirme comme présente à nous même à cet instant est en retard sur la conscience et est une vérification. Je vérifie que c'est bien moi qui ai agi ou que c'est bien mon corps qui a senti... tujours en retard, Laetitia, tellement en retard que notre cerveau doit anticiper en permanence pour que ce "je" existe dans un "hic et nunc" qui n'est qu'une illusion construite "après coup".
Imaginez donc le retard qui peut exister entre votre Je qui est dans un "illusoire ici et maintenant" et le je du consultant tout emberlificoté dans un mental non tranquille (silencieux bien que vous avez que le silence n'existe pas) présentant aussi vis à vis de sa conscience un retard tout aussi important.
Mais si cela marche, si quelque chose fonctionne, c'est alors que ce n'est plus le système cérébral même qui est en jeu, mais la conscience qui vous relie en tant que 2 sujets existant et que cela n'est plus dans le corps que cela se passe d'abord, mais en dehors du corps. D'où sans doute vos préparations du lieu.
Et dans le cas où le cerveau n'est plus le siège principal mais l'outil de la conscience en oeuvre entre vous et votre consultant, s'agit il encore réellement de résonance sinon qu'une redirection des forces et donc une nécessaire pression pour donner un sens à la force ? Tout cela repassant bien sûr par le cerveau et le système sensori moteur et finalement la parole ou le sourire sur le visage rasséréné ou le corps tranquillisé.
Ou pas.
Alors que sont vos défenses ou protections ? Car ce n'est pas identiquement la même chose. se défendre ou se protéger sont deux actions très différentes. Protèger c'est empêcher l'intrusion et la modification d'un système qui ne veut pas être moditié, défendre c'est réagir contre un adversaire extérieur cherchant à modifier ou détruire. La cuirasse caractérielle chez le névrosé ou le psychotique telle qu'on la considère en bioénergétique est une protection ou une défense selon les êtres ou les situations.
Mais sans doute ce n'est pas aussi terrible qu'une cuirasse puisque il me semble que vous prônez d'abord l'ouverture.
Là où je vous rejoins dans votre réponse c'est lorsque vous dites qu'il n'est pas nécessaire à un thérapeute de connaître exactement ou en détails le problème du consultant puisque finalement, peu importe le problème qui occasionne son état, si c'est bien comme je le pense maintenant, la solution est en dehors du corps, en dehors du problème et sa définition particulière propre dans l'état d'être de l'individu, cela n'a plus une très grande importance. Le consultant pourrait présenter une assuétude au désir de collectionner les feuilles mortes ou celui de la zoophilie, ce qui importe c'est derrière cela, la relation de conscience qui apparaît avec un vecteur de forces entre deux sujets. Je crains bien que je ne sois allée trop loin dans mon interprétation, parce que je sous entends à nouveau que le thérapeute n'est nullement neutre !
Savez vous ce qui tue les guérisseurs ? C'est à la longue, le fait de guérir les autres... parce qu'ils se vident peu à peu de leur pouvoir personel, et ils sont peu à peu infusés par les forces qu'is tentent de "combattre" ou de réduire à peu.
J'ai beaucoup travailé avec des toxicomanes et j'ai souvent compris que ce n'était pas un individu souffrant que j'avais devant moi, mais une force énorme, à un niveau mega qui se manifeste dans 1 individu , là "ici et maintenant" pour reprendre votre expression. Ce n'est pas un drogué qui s'adresse à moi ou que je prends sous mon aile (je ne crois pas à la neutralité du thérapeute) mais un egrégore qui se manifeste en la personnalité faible d'un être humain en souffrance. Et le travail que j'ai alors à accomplir dans l'accompagnement n'est pas pour aider 1 individu, mais aussi tous les autres parce que cette force qui les rend dépendants et "en douleur" est une force universelle. Bien sûr je vous entends dire alors que lorsque vous parvenez à équilibrer" un consultant avec son aide même, c'est beaucoup d'autres que vous avez aidés sans même les avoir jamais connus.
C'est donc là que je peux vous dire, que ce que vous réalisez, ma foi, c'est bien un acte de sorcellerie, sorcellerire dans le sens d'une manipulation de la conscience et de la perception d'autrui telle qu'elle peut parfois être figée ou focalisée sur des éléments du monde quotidien qui en échange "offrent" du plaisir: une libération de morphine endogène dans l'organisme
Parce que je ne l'oublie pas, l'assuétude quelle qu'elle soit est bien une quête éperdue d'une sensation de plaisir satisfait mais aussi de l'excitation qui procure le manque: la satisfaction exige la souffrance du manque pour être totale.
Pour définir l'Umbanda je dirai avec des mots simples que c'est un ensemble de pratiques religieuses, mélange de martyrologie chrétienne et de dieux issus des cultures africaines des esclaves qui furent transportés cers le Brésil par les colons pour travailler dans les mines d'or ou les champs de coton, cannes à sucre ou les exploitations forestières de café et de caoutchouc. La pratique consiste en des rituels dits magiques mais qui vus de l'extérieur peuvent supporter des interprétations psychologiques mais parfois avec de l'inexplicable en tant que science occidentale vérifiable
avec des "possessions" par des entités qui sont les ancêtres des escalves : les cabocl(o)(a)s. Il est impossible bien sûr de transposer un pareil contexte en france sauf s'il s'agit de donner un coup de main à des brésiliens.. et encore ! En effet, le territoire a de l'importance pour que fonctionne ce type de relations. Je ne l'utilise donc jamais mais je garde avec Yemanja (la reine des Orixas-les dieux du panthéon umbandiste) par exemple une relation de conscience très particulière et je peux dire que c'est une relation réciproque.
Une question qui me vient encore pour en terminer, je vous ai déjà emprunté pas mal de temps à la lecture de mes posts et à leur réponse: lorsque dans la citation que j'ai collée vous écrivez "se reconnecter à son moi profond"
De quoi s'agit il ? S'agit il du self ? du Soi ? d'une âme ? d'une âme individuelle ? d'une âme universelle ? du Qi-du Chi ou du prâna ? et que peut on reconnecter avec Cela ?
Qu'est ce qui est mis en relation avec cela: "se reconnecter" ?
Je me réjouis de vous lire lorsque vous aurez le plaisir de me répondre et je vous prie de bien vouloir excuser la longueur de ce propos qui pourrait bien être mon tout dernier.
Clara